Dans le cadre de la deuxième édition des journées de rencontre « Art vivant et environnements numériques », co-organisées par Chaillot – Théâtre National de la Danse et le TMNlab le 5 et 6 mai 2026.
avec Pierre Lungheretti, directeur délégué & administrateur général, Chaillot ; Anne Le Gall, déléguée générale, TMNlab ; Chloé Jarry, présidente, Lucid Realities ; Alexandre Roux, directeur stratégie et développement, Unframed Collection ; Georges Gagneré, maître de conférences, Université Paris 8.
C.A.L.I.P.S.O. (Hub Danse & Réalités Étendues) est un projet porté par Chaillot – Théâtre National de la Danse, lauréat de l’appel à projets France 2030. Conçu comme un écosystème collaboratif, il réunit un consortium d’experts en production, distribution, recherche et animation de communauté pour accompagner les artistes dans la création d’œuvres immersives. En installant un lieu permanent au Studio Béjart, le projet vise à lever les verrous technologiques et financiers tout en favorisant une acculturation profonde entre le monde chorégraphique et les technologies immersives. À travers un réseau de partenaires nationaux et internationaux, C.A.L.I.P.S.O. ambitionne de définir de nouveaux standards de création et de diffusion, plaçant l’imaginaire des créateurs au centre de l’innovation technologique.
Enregistré lors de la rencontre TMNlab co-organisée avec Chaillot – Théâtre National de la Danse, le 6 mai 2026.
Un consortium d’expertises pour une chaîne de valeur complète
Le projet C.A.L.I.P.S.O. repose sur une alliance de compétences complémentaires visant à couvrir l’intégralité du cycle de vie d’une œuvre immersive. Pierre Lungheretti souligne la nécessité d’allier la maîtrise de la chaîne de production (Lucid Realities), la distribution spécialisée (Unframed Collection), la dimension de communauté apprenante (TMNlab) et la recherche-création (INREV – Paris 8). Cette synergie permet de structurer le secteur des arts vivants face aux défis du digital, en offrant un cadre sécurisé et expert aux artistes.
Le Studio Béjart : un ancrage physique permanent pour la création et la diffusion
Contrairement à des initiatives éphémères, C.A.L.I.P.S.O. s’incarne dans un lieu permanent situé au sein même de Chaillot : l’actuel Studio Béjart. Ce choix vise à intégrer pleinement le hub dans l’activité de l’institution, en interaction avec les équipes de production, de technique et d’accueil. Ce studio servira à la fois d’espace de résidence pour les artistes via des appels à projets et de lieu de diffusion pour les œuvres, qui seront ainsi inscrites dans la saison culturelle régulière de Chaillot.
L’acculturation et le soutien aux parcours artistiques
L’une des missions centrales du hub est d’être un vecteur d’acculturation entre le monde chorégraphique et celui de l’immersif. Chloé Jarry explique que Lucid Realities accompagne ce transfert de connaissances pour aider les artistes à s’approprier les outils numériques avec autant de facilité qu’un pinceau, tout en structurant les aspects juridiques et financiers des productions. Le hub s’adresse aussi bien aux grandes signatures internationales qu’à l’émergence chorégraphique, créant un creuset où les imaginaires artistiques pilotent l’innovation.
L’enjeu est de structurer une production de façon à travailler avec des gens qui vont venir du spectacle vivant, des musées, du cinéma… — Chloé Jarry
La recherche-création et la figure du technologue créatif
Georges Gagneré présente l’apport de l’INREV pour donner une profondeur réflexive et scientifique au projet. Au-delà de la veille technologique, la recherche se focalise sur la formalisation des processus de création, la capture de mouvement (mocap) et la question de l’acteur virtuel. L’université met en avant la figure cruciale du « technologue créatif », capable de naviguer entre le code et la nécessité artistique, garantissant ainsi que la technologie serve le sens et le geste chorégraphique.
On va essayer de réfléchir à cette figure du technologue créatif qui est capable à la fois d’utiliser un ordinateur et du code, mais d’avoir aussi un besoin, une nécessité artistique. — Georges Gagneré
Diffusion et dissémination : de l’institution aux territoires
Pour Alexandre Roux (Unframed Collection), l’enjeu est d’anticiper la diffusion dès la phase de production. Grâce à un système de management de contenu (CMS) dédié, le hub vise à disséminer les œuvres numériques bien au-delà des métropoles, vers des bibliothèques ou des plus petits réseaux de proximité. C.A.L.I.P.S.O. explore également de nouvelles modalités d’accessibilité, comme le sous-titrage pour l’audiodescription dans les environnements immersifs, afin d’ouvrir ces formes au plus grand nombre.
Aujourd’hui la distribution reste concentrée dans les grandes métropoles : il y a un enjeu de dissémination et de diffusion de ces contenus dans des réseaux de proximité. — Alexandre Roux
Une ambition internationale et une structuration durable
Le hub s’inscrit dans une dynamique de réseau mondial, capitalisant sur les partenariats de Chaillot avec des écosystèmes majeurs tels que le Québec, Taïwan ou des institutions comme le Lincoln Center à New York. Pierre Lungheretti insère cette démarche dans un temps long, visant à produire des protocoles de travail pérennes et des artefacts culturels capables de documenter notre époque. Financé par la BPI dans le cadre de France 2030, C.A.L.I.P.S.O. lancera officiellement ses activités opérationnelles à l’automne prochain.
C’est un projet qui vise à produire des protocoles, des méthodes de travail, des formats de connaissance ouverte… mais aussi une communauté élargie et interconnectée. — Anne Le Gall
Cet article a été rédigé avec l’appui de l’IAgen.
12 et 13 mai 2027 : Prochaine édition des rencontres Chaillot Augmenté x TMNlab
