| Chiffres clés – Entre le 21 mai 2021, date de mise en place du pass Culture sur l’ensemble du territoire, et le 28 février 2025, date de sa réforme, 4,6 millions de jeunes ont bénéficié d’au moins un crédit du pass Culture, pour un montant total alloué de 1 milliard d’euros et un montant total dépensé de 735 millions d’euros, soit 73,5% (certains crédits ont pu être dépensés après l’étude). – 8 jeunes sur 10 ont eu recours à la part individuelle du pass Culture, – Près de 50% des crédits ont été dépensés pour acheter des livres, 20% pour des places de cinéma et 2% pour le spectacle vivant, – Les filles, plus souvent bénéficiaires, en ont un usage plus diversifié et plus porté sur l’achat de livres que les garçons |
Nous nous sommes appuyés sur un outil d’IAgen de type RAG pour l’analyse des sources et la consolidation des données à partir d’angles de lecture issus des travaux et discussions de la communauté.
La place du spectacle vivant dans les usages du Pass Culture
Au sein de la nomenclature de l’étude qui distingue le spectacle vivant (théâtre, danse, cirque) des concerts et festivals, le spectacle vivant reste très marginal dans les dépenses individuelles des jeunes :
- Le spectacle vivant ne capte que 2 % des dépenses du crédit de 300 euros (et 1 % pour les crédits attribués à 15-17 ans). En comparaison, les livres absorbent 48 % du budget, le cinéma 20 % et les concerts/festivals 10 %.
- Aucune dynamique de progression : Entre la cohorte née en 2003 et celle née en 2005, alors que le cinéma (de 18 % à 22 %) et les concerts (de 8 % à 14 %) ont nettement progressé, la part du spectacle vivant a stagné entre 1 % et 2 %.
- Une constante quel que soit le profil : La part consacrée au spectacle vivant reste marginale aussi bien chez les filles (2 %) que chez les garçons (1 %), et s’avère équivalente entre les jeunes des grands centres urbains et ceux des milieux ruraux.
Le pass Culture comme levier de découverte artistique
Le bilan quant à la capacité du pass Culture à déclencher une réelle diversification des pratiques s’avère nuancé :
- Un sentiment de découverte exprimé : Selon une enquête d’évaluation citée dans l’étude, 54 % des bénéficiaires déclarent avoir fait de nouvelles découvertes culturelles et 42 % avoir découvert de nouveaux lieux grâce au dispositif. De plus, 44 % des filles et 33 % des garçons utilisent leur crédit pour consommer au moins trois catégories différentes de produits.
- Une diversification au profit d’offres déjà familières : La hausse de la consommation au fil des cohortes s’est concentrée sur le cinéma et les concerts/festivals, favorisée par la synchronisation automatique des billetteries et la recommandation sur les réseaux sociaux.
- L’obstacle de l’accès au spectacle vivant : Les jeunes privilégient les biens d’accès individuel ou immédiat (mangas, littérature jeunesse, blockbusters, musique rap). Le spectacle vivant (théâtre, danse, cirque), exigeant souvent un déplacement et des codes d’accès spécifiques, ne bénéficie pas spontanément de cette dynamique d’entraînement via les crédits individuels.
Source de financement pour l’écosystème artistique public
Concernant l’impact financier sur le secteur culturel public et les structures de spectacle :
- Des flux financiers individuels très faibles : Appliquée aux 735 millions d’euros dépensés au total par les jeunes, la part de 2 % attribuée au spectacle vivant représente un volume financier limité pour l’ensemble des théâtres, compagnies et scènes publiques.
- Des disparités territoriales d’ancrage : En 2024, le dispositif comptait 8 600 partenaires culturels actifs. Toutefois, ces partenaires sont fortement concentrés dans les grands centres urbains (4 600 partenaires, soit 500 pour 100 000 jeunes) par rapport aux zones rurales (1 100 partenaires, soit 100 pour 100 000 jeunes). Cela restreint la capacité du maillage public local à capter cette ressource.
- Le rôle clef de la part collective (EAC) : Les données complémentaires sur l’Éducation artistique et culturelle indiquent que c’est principalement par la part collective (allouée aux collèges et lycées via l’application Adage) que le secteur public du spectacle vivant est irrigué. Avec plus de 140 000 activités scolaires financées en 2023-2024 (spectacles, rencontres d’artistes, ateliers), le cadre scolaire constitue le levier le plus direct de soutien financier et de sensibilisation au spectacle vivant.
Consulter l’étude en ligne
Sur le site de la Ministère de la culture ou ci-après :
