Alors que la communauté TMNlab est composé à 75% de femmes, nous portons donc une attention particulière à la reconnaissance des compétences numériques et à la formation des profils féminins. Car en matière de numérique, on retrouve dans le spectacle vivant la même rupture numérique liée au genre que dans les autres secteurs : un récent rapport le démontre. Retour anglé sur l’étude prospective Impacts de l’IA sur les métiers support du spectacle vivant de Filages en partenariat avec l’Aract Hauts-de-France.
Nous défendons depuis plusieurs années l’importance de la montée en compétence des femmes dans le champ du spectacle vivant – secteur naturellement très féminin mais avec une surreprésentation dans les métiers de la relation et, encore aujourd’hui, une sous-représentation aux postes de direction. Malgré un rééquilibrage progressif opéré depuis 2000, les hommes demeurent majoritaires dans les professions du spectacle et bénéficient en outre de carrières plus stables (source : Observatoire prospectif des métiers et des qualifications du spectacle vivant piloté par la Commission paritaire nationale Emploi formation spectacle vivant CPNEF-SV dont Artcena publiait une synthèse en 2025).
Ce que dit le rapport de Filage
L’étude alerte sur l’urgence de réduire la fracture numérique liée au genre, mais ne propose pas de pédagogie ou de méthode spécifique détaillant comment former les femmes. Elle identifie cette problématique comme un « angle mort » crucial que le secteur du spectacle vivant, très féminisé dans ses fonctions support, doit impérativement intégrer à ses réflexions.
Les inégalités d’apprentissage et le besoin de formation se traduisent ainsi :
- Un accès structurellement inégal à la formation : La fracture numérique dépend fortement de l’accès à la formation et du contexte d’équipe. Actuellement, les données révèlent que, tous secteurs confondus en France, seules 24 % des femmes se sont vu proposer des formations à l’IA, contre 38 % des hommes.
- Un écart de compétences et de confiance : Alors que 88 % des algorithmes sont conçus par des hommes, 71 % des hommes déclarent détenir des compétences en IA, contre seulement 29 % des femmes.
- La nécessité d’une démarche proactive : Lors des entretiens qualitatifs, la question des inégalités de genre n’a pas été soulevée spontanément par les professionnels. Il est donc indispensable que les directions de structures prennent conscience de ce déséquilibre pour proposer des formations équitables et ne pas creuser les écarts de carrière.
L’étude dresse par ailleurs une liste des besoins de formation fondamentaux pour l’ensemble des professionnels afin de reprendre le contrôle sur ces outils :
- Comprendre le fonctionnement de base : Démystifier l’IA, comprendre le principe de prédiction statistique et identifier ses limites (biais genrés, hallucinations) pour ne pas la subir.
- Manipuler concrètement les outils : Mettre en place des ateliers pratiques pour maîtriser la technique des « prompts » (requêtes) et savoir régler les paramètres.
- Préserver la confiance en soi et l’esprit critique : Un besoin fort a été identifié pour aider les professionnels à ne pas douter de leurs propres capacités d’analyse face à la machine et à maintenir une posture de validation humaine systématique.
Le TMNlab est aligné dans son approche que ce soit dans :
- nos recommandations générales en terme de compétences à l’ère numérique,
- nos programmes d’accompagnement
- notre approche en terme de ressources et de travaux de pairs-à-pairs
Cet article a été rédigé avec l’aide d’un outil d’IA générative (type RAG) pour la partie étude du rapport Filage et identification des sources.
