« L’interopérabilité est un projet de gouvernance avant d’être un projet informatique. »

Avant de connecter les systèmes, il faut connecter les organisations.

Quand on parle d’interopérabilité, on pense spontanément aux API, aux référentiels communs ou aux modèles de données.

Pourtant, les principaux défis ne sont pas techniques.

Ils sont humains.

Au Québec, les Agents de développement culturel numérique (ADN) accompagnent les organisations culturelles dans leurs projets de transformation numérique. Réunis au sein du Réseau des agents de développement culturel numérique (RADN), ils participent à une démarche d’intelligence collective où les expériences, les apprentissages et les défis sont mis en commun pour faire progresser l’ensemble du secteur.

C’est dans ce contexte que s’inscrit ce nouvel épisode de Nada to Data.

J’y reçois Céline Brassard, responsable du développement numérique au Conseil québécois du théâtre, et Laurianne Lalonde, agente de développement culturel numérique à l’Association des galeries d’art contemporain du Québec (AGAQ). Toutes deux portent des projets très différents, mais poursuivent une même ambition : mieux faire circuler les données pour mieux faire circuler la culture.

Si les structures et les dispositifs diffèrent entre la France et le Québec, les défis sont remarquablement similaires : aligner plusieurs organisations autour d’un objectif commun, partager les données de manière plus fluide et construire des projets numériques qui dépassent les frontières d’un seul établissement.

Avant que les systèmes puissent échanger des données, les organisations doivent partager une vision.

L’interopérabilité ne consiste pas seulement à faire communiquer des systèmes. Elle consiste d’abord à mettre des organisations d’accord sur ce qu’elles souhaitent partager, pourquoi elles souhaitent le partager et selon quelles règles.

Le référentiel commun en est un bon exemple. Il n’est pas seulement un modèle technique qui décrit des données. C’est la traduction concrète d’un accord entre plusieurs organisations qui acceptent de parler un langage commun. Derrière chaque champ de données se cachent des discussions, des arbitrages et parfois des compromis.

À cette complexité s’ajoute une réalité bien connue des organisations culturelles : les ressources sont limitées, les équipes sont réduites et les projets avancent rarement en ligne droite. Les deux invitées insistent sur l’importance des petits pas, du prototypage et de l’amélioration continue plutôt que sur la recherche d’une solution parfaite dès le départ.

Au-delà des aspects techniques, ce qui ressort de cet échange, c’est la capacité d’un secteur à apprendre collectivement. Les projets avancent parce que les organisations partagent leurs apprentissages, confrontent leurs points de vue et construisent progressivement un langage commun.

Si tu pilotes un projet numérique impliquant plusieurs partenaires — qu’il s’agisse d’un réseau de salles, d’un groupement de musées, d’une fédération ou d’un collectif — cet épisode devrait particulièrement te parler.

Tu y trouveras moins de réponses techniques que des retours d’expérience sur la manière de construire une vision commune, maintenir l’engagement dans le temps, faire dialoguer des acteurs aux intérêts parfois différents et faire avancer un projet collectif malgré des ressources limitées.

Les API, les référentiels et les standards sont essentiels.

Mais ils ne produisent leurs effets qu’à partir du moment où les organisations ont décidé d’avancer ensemble.

Si ces questions résonnent avec tes propres projets, je t’invite à écouter cet épisode de Nada to Data. Les exemples viennent du Québec, mais les enseignements dépassent largement ce contexte et trouveront un écho auprès de toutes les organisations culturelles engagées dans des projets collectifs de transformation numérique.

Laisser un commentaire